Le blocus résiste.

Les combats continuent à se dérouler principalement durant la nuit, tandis que les journées restent relativement calmes.

Pour mesurer ce qu’est devenue l’occupation, il suffit d’examiner la situation de la brasserie Dumortier, dont chaque espace a progressivement été absorbé par les besoins militaires allemands.

Dans la maison, le salon sert de chambre au docteur, la salle à manger est occupée par le lieutenant et le bureau est devenu un bureau militaire. La salle flamande est momentanément libre. À l’étage, trois chambres sont réquisitionnées : une pour quatre ordonnances et deux pour le capitaine, l’une servant de chambre à coucher, l’autre de bureau. La salle de bains est réservée aux officiers.

La brasserie elle-même est entièrement mobilisée pour la fabrication des limonades destinées à l’armée. Quinze ouvriers civils et six soldats y travaillent. Sont utilisés à cette fin l’ancien magasin à bière, l’écurie, les hangars, la remise, la nouvelle entonnerie, la cour, les greniers, l’entrée du jardin jusqu’aux bâtiments, la serre, le sous-bac à eau pour le stockage des bouteilles, ainsi que la machine et le générateur destinés au pompage et au chauffage de l’eau.

Le jardin n’est pas davantage épargné. Une baraque a été construite contre le pignon de la maison du père Dumortier. L’ancienne cuisine est devenue une maréchalerie où l’on ferre les chevaux. Trois chariots à munitions stationnent dans le jardin et deux autres baraques, destinées aux sous-officiers, ont été érigées derrière la brasserie. Le jardin d’agrément est désormais réservé aux occupants des baraquements.

Chez Dumortier père, tout le rez-de-chaussée est transformé en casino pour une trentaine d’officiers, auxquels s’ajoute une chambre occupée par quatre cuisiniers. Le jardin est régulièrement investi par les officiers. À midi, une musique militaire donne des concerts ; le soir, une symphonie prend le relais.

Quelle existence pour ces familles qui voient, jour après jour, leur maison, leur travail et leur intimité disparaître sous le poids de l’occupation !

À Comines France, le doyen fait savoir aux jeunes gens emprisonnés pour avoir refusé le travail obligatoire qu’ils pourront recevoir discrètement, à midi, un repas préparé par leur famille.

Pendant ce temps, en mer du Nord, s’engage la gigantesque Battle of Jutland. Cette bataille navale, la plus importante de la guerre, coûte près de 6 000 morts à la Royal Navy. Malgré ces lourdes pertes, la flotte allemande ne parvient pas à briser le blocus maritime imposé par les Britanniques.

THE BATTLE OF JUTLAND 31 MAY 1916 (SP 2470) The bow and stern of HMS INVINCIBLE sticking out of the water as the battlecruiser sinks during the battle of Jutland after she was hit five times by shells from the German battlecruisers DERRFLINGER and LUTZOW, the last hit blowing the roof off Q turret and setting fire to the cordite propellant, the flash soon spread to the magazine and INVINCIBLE was ripped in two by the explosion. There were… Copyright: © IWM. Original Source: http://www.iwm.org.uk/collections/item/object/205193540
Sources :
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