Obus sur Warneton et Bas-Warneton.

Le canon a roulé assez fortement durant la nuit.
Le capitaine logé à la brasserie Dumortier se montre mécontent des modifications apportées à son logement. Il reprend sa chambre initiale et s’installe dans la salle flamande. Un médecin occupe une autre pièce, tandis qu’un lieutenant — adjoint du capitaine — prend place dans la salle à manger. Un quatrième officier doit encore s’installer dans le salon, et une chambre est réservée aux ordonnances, au nombre de quatre ou cinq. Des bains sont pris quotidiennement, signe d’une organisation désormais bien établie.
Le jardin reste continuellement occupé par une vingtaine de soldats, allongés dans tous les coins, transformant cet espace en lieu de repos improvisé.

Dans l’après-midi, des obus sont tirés et tombent non loin, en direction de Warneton et de Bas-Warneton. Par ailleurs, vingt-cinq bidons arrivent à la brasserie en vue de l’installation d’une laiterie, accompagnés d’une écrémeuse, confirmant la transformation progressive des lieux.
Dans son compte rendu du jour, le journal hollandais De Tijd indique qu’entre Ypres et Armentières, les belligérants semblent masser de nombreuses troupes fraîches. Les Allemands renforcent leur infanterie et déploient de nouveaux cavaliers, tandis que les Anglais misent davantage sur leur artillerie. Le terrain évolue lui aussi : le sol s’assèche, la boue disparaît peu à peu, et les ruisseaux retrouvent leur lit. Les pertes anglaises semblent limitées, et les offensives allemandes, bien que vigoureuses, sont contenues.
