Nombreux avions.

Nombreux avions dans le ciel aujourd’hui et plusieurs combats aériens sous un temps magnifique.
Les vivres se font toujours plus rares : il n’y a pratiquement plus de viande, le café atteint 10 francs et le sucre cristallisé 4 francs. La bière, brassée avec des produits de mauvaise qualité, laisse fort à désirer. Quelques civils se sont arrangés pour aller chercher de la bière à Wervik pour certains cabaretiers. À la brasserie militaire Froidure, on recommence toutefois à brasser pour les soldats.
Dans l’après-midi, l’interprète de la Kommandantur se rend à la brasserie Dumortier pour annoncer que le lit installé au salon — auparavant placé dans la salle à manger et dans lequel un lieutenant n’a dormi qu’une seule nuit — va être renvoyé chez son propriétaire car il serait infesté de punaises et qu’aucun officier ne peut y dormir. Les habitants découvrent avec stupeur l’état du lit, présent dans la maison depuis le 28 avril sans qu’on ne les ait prévenus.
Après son départ, une véritable chasse aux poux commence. Il ne s’agit pas du petit pou marron habituel des couchages militaires, mais d’un gros pou blanchâtre, courant rapidement et sautant parfois. Plus de deux cents sont écrasés. Quelle déchéance pour les habitants, contraints de vivre dans de telles conditions.
Les australiens basés près d’Armentières sont soumis au même régime !…

Le soir, l’ordonnance du docteur installe un lit de fer dans le salon et prépare la pièce afin d’y loger son supérieur.
La Kommandantur réclame également vingt ouvriers supplémentaires pour le lendemain matin. Vers 21h30, des hommes passent dans le voisinage pour convoquer les travailleurs. Les autorités exigent aussi de la Ville la liste complète des ouvriers assistés capables de travailler, ainsi que celle des ouvriers non assistés aptes au travail.
