Quantité de dépêches sur Verdun.

Nuit assez calme ; journée également paisible.
On affiche quantité de dépêches concernant Verdun, où les Allemands auraient remporté un grand succès ; le Kaiser aurait assisté à l’offensive. Ce « grand succès » est bien, cette fois, la prise du fort de Douaumont le 25 février. Elle est annoncée dans le célèbre — et mensonger — communiqué de Guillaume II : « Le fort cuirassé de Douaumont, pilier angulaire de la ligne principale des fortifications permanentes de Verdun, a été pris d’assaut par le 24e régiment de Brandebourg. »
La réalité diffère sensiblement. Des soldats de ce régiment se présentent par surprise à l’une des entrées d’un fort presque inoccupé. Les quelques défenseurs — servants des tourelles et hommes du génie, selon le rapport du major allemand Gelbstettel — sont rapidement neutralisés, sans combat véritable. Il n’y eut donc point d’assaut au sens strict.
À Comines, les hommes de trente à cinquante ans devront se présenter une fois à la Kommandantur, en commençant par les plus âgés et à raison de deux classes par jour. Ils sont plus favorisés que ceux soumis à une convocation hebdomadaire.
Du côté allié, un bombardement d’une intensité exceptionnelle est déclenché depuis Voormezele, à l’est de Wijtschate et de Zillebeke. Le tir dure quarante-cinq minutes. Le vicaire de Dikkebus estime à 24 000 le nombre d’obus lancés — du jamais vu. Le capitaine Francis Buckley entend le grondement des canons depuis les « Railway Dug-outs » et se prépare à monter à l’assaut le lendemain au « Bluff » (actuel Provinciaal Domein Palingbeek).
Quatre cents prisonniers allemands sont escortés dans les rues de Poperinge.

