Dans un état lamentable.

Aujourd’hui, le ciel est sombre et le vent souffle avec insistance, accentuant encore l’impression de désolation qui pèse sur les lieux.
À Comines, côté belge, le spectacle est lamentable. Au réveil, chacun s’interroge, inquiet, sur ce que la journée pourra encore réserver. La veille au soir, un aéroplane a longuement survolé la ville, observant les dégâts comme pour en mesurer toute l’ampleur.
La journée paraît relativement calme, mais une agitation constante demeure. De nombreux camions automobiles circulent sans relâche, témoignant d’une activité soutenue.
Depuis la France, les habitants de Comines franchissent le pont en grand nombre, venant constater de leurs propres yeux l’étendue des destructions en Belgique, partagés entre curiosité et inquiétude.

Partout, on s’active. On déblaye, on tente de remettre de l’ordre. Certains, animés d’un courage admirable, se sont attelés à la tâche pour remettre leur maison en état.
À la brasserie Dumortier, on s’emploie à sauver le bois. Les limonadiers allemands font nettoyer les lieux par des ouvriers civils, aidés d’une équipe supplémentaire placée sous les ordres du commissaire. Il a fallu abattre le pignon de l’écurie, qui menaçait de s’effondrer, et couper les conduites de gaz pour éviter tout danger.
Mais le soir, vers 21 heures, le canon allemand se remet à gronder. Des lueurs apparaissent, comme on n’en avait jamais vues. Dès 17 heures, un combat à la grenade avait commencé, se prolongeant très tard dans la nuit.
On signale également qu’à Dickebusch, les obus allemands tombés ce jour sur le village semblent, fait étrange, ne pas exploser.
Sources :
Référence :
- Tome 12 – SHCWR
- La Guerre
- Carnet de Guerre
Auteur :
- Bernard Vernier
- Dumortier Henry
- Achiel Van Walleghem
