Tempête.

Vers 8 heures du matin, les soldats rentrent en ville. La nuit a été marquée par une violente tempête, et le vent souffle encore avec force dans un froid vif. Par moments, des essais de grenades se font entendre, entrecoupés de tirs d’artillerie ; quelques obus tombent non loin.

Un lieutenant anglais livre le récit de la veille sur le front de Saint-Éloi, dans le secteur de Dickebusch. À droite de la jonction des routes, le génie britannique avait creusé des galeries sous les positions allemandes, y accumulant environ 185 000 kg d’explosifs. À 4 heures du matin, la mise à feu déclenche des explosions d’une extrême violence. Sous le choc, les lignes allemandes sont disloquées, tandis que l’artillerie anglaise ouvre un feu nourri.
Cinquante minutes plus tard, l’infanterie britannique se lance à l’assaut des tranchées. La canonnade diminue vers 6 heures. Quatre-vingt-quatre prisonniers allemands sont rassemblés dans la cour de l’école de Dickebusch, fouillés et interrogés, avant d’être dirigés vers La Clytte. Dans l’après-midi, un second groupe de cinquante-deux prisonniers, dont un officier, est à son tour capturé.
Parmi eux, l’un parle couramment le français pour avoir travaillé comme serveur à Paris. Il explique avoir été logé à Comines et à Ten-Brielen, où les habitants sont restés sur place malgré la guerre. Il affirme également que les tours des églises de Comines et de Wervicq-Sud ont été dynamitées par les Allemands.
À 13 heures, une contre-attaque allemande est lancée, mais elle échoue sans parvenir à reprendre le terrain perdu.
