Avec solennité.

C’est jour d’appel.

Le calme semble s’être installé, du moins en apparence. La nuit, pourtant, demeure habitée par le crépitement des mitrailleuses. Le va-et-vient incessant du service d’ambulance — dont l’organisation paraît désormais bien rodée — témoigne de combats rapprochés, livrés tant au fusil qu’à la baïonnette.

Les enterrements, eux, ont perdu toute solennité. Rien de comparable avec les cérémonies autrefois observées pour les Saxons. Désormais, lorsqu’un soldat meurt, son cercueil est déposé dans la chapelle érigée au cimetière français. Tous les deux ou trois jours, la musique vient les chercher pour les conduire à leur dernière demeure. Ainsi, peu à peu, le jardin de la brasserie Dumortier retrouve un peu de son visage, moins dépouillé qu’il ne l’était encore récemment.

Tombes allemandes Comines France – Fonds SHCWR

Depuis le départ des deux cuisines saxonnes installées à la brasserie, aucune n’est venue les remplacer. Les servantes sont désormais contraintes, sous la surveillance des gendarmes, de nettoyer chaque jour la rue.

À Sainte-Marguerite, des femmes et des enfants âgés de douze à quatorze ans, venus de Lille, viennent ramasser des pommes de terre. Mais les Allemands les arrêtent fréquemment et les retiennent sous surveillance, parfois durant plusieurs jours.

Sources :

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