Le premier vrai bombardement sur Comines

Après une nuit relativement calme, Comines se réveille au fracas des canons. Entre dix heures et dix heures trente, quatre obus s’abattent sur la ville. Le premier traverse la corniche du Point du Jour avant de frôler l’angle du Belle-Vue pour s’enfoncer dans la terre. Le deuxième atteint de plein fouet l’école laïque de Comines-France, y causant de nombreux dégâts. Le troisième explose sur l’usine Louis Catteau et provoque un commencement d’incendie que les pompiers, accourus en hâte, parviennent à maîtriser. Le quatrième tombe dans le jardin de Joseph Dumont.

Ruines Comines – Fonds SHCWR

Lorsque les premiers projectiles éclatent, certains habitants faisaient encore leurs courses. Quelques-uns se trouvent chez Dekerle, près du pont, quand l’un des obus tombe à quelques mètres seulement. L’émotion est grande, le saisissement partagé par tous.

La journée ne s’arrête pas là : le soir, à partir de 19 h 30, une quinzaine d’obus s’abattent régulièrement, toutes les cinq minutes. L’atmosphère devient sinistre à la tombée de la nuit, d’autant que les derniers obus frappent aux abords de la gare et du canal. On relève plusieurs civils blessés et de très nombreux dégâts. Chacun, inquiet, s’interroge sur ce que l’avenir réserve encore à Comines. Le bruit du départ du projectile est net : d’abord le coup de canon, puis, dix à quinze secondes plus tard, son sifflement qui fend l’air avant l’explosion.

Plusieurs incendies éclatent dans la soirée. On cherche refuge dans les caves, pour ceux qui ont la chance d’en posséder.

En dépit de la guerre, la vie agricole suit son cours. La moisson bat son plein, avec un rendement estimé à cent vingt quintaux en moyenne.

Dans la même journée, Georg Lill se rend à la station de pompage d’eau qui alimente Comines, Houthem, Messines et Wijtschate. Les puits y descendent à cent quatre-vingts mètres de profondeur. De puissantes machines y travaillent jour et nuit, envoyant l’eau jusqu’aux tranchées.

Au même moment, loin de Comines, débute la bataille de Varsovie, qui s’étendra jusqu’au 14 septembre 1915. Elle marque une nouvelle retraite stratégique de l’armée russe face à l’offensive allemande.

Sources :

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