Des magasins bien remplis.

Le temps est clair, mais le froid est vif et la gelée blanche recouvre les sols ; malgré cela, on observe peu d’aéros.
Dans l’après-midi, vers 16 h 30, on entend le départ de deux obus qui passent en sifflant pour aller frapper plus loin ; on n’en perçoit cependant pas l’éclatement.
Les dégâts causés à Wervicq par les obus du 26 janvier sont considérables.
Les vivres deviennent extrêmement difficiles à obtenir. Pourtant, et plus que jamais, les étalages de nombreux magasins et estaminets regorgent de gâteaux de Savoie, mokas, tartes aux fruits, aussi appétissants qu’en temps de paix. Cette abondance ne profite guère qu’aux soldats, et à quelques rares maisons où l’on ne sait se priver de rien.
La fabrication de ces produits est assurée par quelques boulangers ; certains soldats obtiennent également du pain directement chez eux. Jamais on n’avait vu de magasins aussi bien pourvus en produits que la population ne consomme pas : chocolat, pain d’épices, biscuits, et autres douceurs.
À Comines France, les enterrements de soldats allemands se succèdent toujours en grand nombre. Les habitants comptent les cercueils : huit le matin, onze dans l’après-midi. La haine de l’ennemi finit par submerger toute pitié.
Dans la zone non occupée, l’acheminement du matériel vers le front par chemin de fer s’intensifie. Près de l’étang de Dickebusch, on installe une nouvelle voie ferrée à quelques encablures seulement des lignes. Le tracé ne tient aucun compte des habitations : la ligne doit être la plus directe possible. Ainsi, on n’hésite pas à traverser la cour d’une ferme.

Dickebusch – Wytschaete Line. Elzenwalle Loop, looking west, with interlaced 60 cm. line. 13. 1. 18. Map Ref. Sheet 28. H. 36. D. 5. 3. © The rights holder (Q 46719) IWM Non Commercial License
Sources :
Référence :
- Tome 12 – SHCWR
- La Guerre
- Journal de guerre
Auteur :
- Dumortier Henry
- Bernard Vernier
- Achiel Van Walleghem
Lieu :
- Comines – Belgique
- Comines – France
- Dickebusch
