De Linselles à Messines

On parle du retour de l’état-major et de sa suite.
Monsieur Delbove se rend, accompagné d’un soldat, à la Cortewilde pour l’enterrement des deux civils tués. Une trentaine de personnes, encadrées par des soldats, suivent les cercueils jusqu’à l’église d’Houthem, où un petit service se tient. Le spectacle est navrant : le pays n’est plus qu’un champ de ruines, les maisons sont effondrées et l’église se dresse à ciel ouvert.

Hier, quarante ouvriers de Comines-France sont réquisitionnés pour décharger de nuit, à Houthem, des wagons de macadam. Ils refusent de s’y rendre et, aujourd’hui, on les emprisonne avant de les contraindre à reprendre ce travail ce soir. Le commandant assure qu’il ne veut pas les envoyer au danger. Vers 19h30, ils passent en groupe, chantant et gesticulant, comme pour se donner du courage.
À peine revenu hier de Linselles, Georg Lill repart déjà pour Messines.
Dans la zone non occupée, le commissaire d’arrondissement Biebuyck intensifie l’évacuation des enfants vers l’arrière, en colonies scolaires, pour les soustraire aux menaces de la guerre.