Un air de fête.

Dans un premier temps, nous tenons à vous présenter nos excuses.
En effet, vous n’avez pas reçu le mail du 22 avril, et ce malgré le fait que l’éphéméride ait bien été programmée et publiée. Il ne s’agit nullement d’une négligence de notre part, mais bien d’une défaillance du service que nous utilisons. Malgré de nombreuses relances, une indisponibilité de 48 heures était annoncée. Grâce à la mobilisation de toutes les ressources techniques en notre possession, nous avons pu réduire ce délai à 36 heures.
Attention : l’expéditeur de la lettre est désormais paul@war1418krieg.be. Nous vous invitons à l’ajouter à votre carnet d’adresses afin d’éviter que nos messages ne soient dirigés vers vos courriers indésirables.
C’est ainsi que vous avez reçu hier, vers 12h15, la lettre du 23 avril. Pour celles et ceux qui le souhaitent, le contenu du 22 avril reste accessible ici :
https://www.war1418krieg.be/samedi-22-avril-1916
Nous mettons gratuitement toutes nos ressources à votre disposition, avec passion et sincérité. Nous constatons avec plaisir l’attention que vous portez à ce travail, et nous vous en remercions chaleureusement.
Mais laissons maintenant place à l’Histoire — à notre histoire — qui, nous l’espérons, continuera son chemin comme elle l’a toujours fait.
Nous restons plus que jamais passionnés et heureux de partager cette aventure avec vous.
Bien à vous,
Guy et Paul
Malgré les circonstances, un air de fête subsiste. Beaucoup se sont endimanchés et, à la chapelle, les messes attirent une foule nombreuse. Le temps, désormais plus clément, vient adoucir les esprits. Depuis quelques jours, un calme relatif semble s’installer, même si, la nuit, le canon continue de gronder et que le passage incessant de lourds camions empêche le repos.
Le roi Albert Ier de Belgique et la reine Élisabeth de Belgique visitent l’Institution Sainte-Élisabeth à Poperinge, manifestant leur soutien aux populations éprouvées.
Le prince Emmanuel de Croÿ, officier de liaison, se trouve à Dickebusch. Il avait connu les lieux en 1910, lors de l’installation du curé Dassonville, son ancien professeur. Il découvre aujourd’hui avec stupeur l’ampleur des destructions qui frappent la localité.

Au même moment débute l’insurrection de Pâques en Irlande, profitant de l’engagement du Royaume-Uni dans la guerre. Elle s’achèvera le 29 avril dans une répression sévère, laissant près de 485 morts et 2 600 blessés, majoritairement des civils.
Au Bizet, au lendemain du bombardement, les membres de la section de transmission de la 28e brigade de la 9e division écossaise visitent l’église abandonnée et emportent divers objets. L’un des soldats prend notamment un grand crucifix, un petit crucifix, un rosaire de Lourdes et une nappe d’autel.
Bien des années plus tard, à l’âge de 83 ans, ce même soldat, R.C.A. Hasell, devenu fermier en Afrique depuis plus de cinquante ans, écrira une lettre exprimant le souhait de restituer ces objets, geste tardif mais profondément révélateur.
Au-delà de l’anecdote, l’histoire de l’église du Bizet demeure saisissante. La tour, visée sans relâche par l’artillerie allemande, ne sera jamais abattue. Malgré quatre années d’épreuves, elle continue de se dresser, meurtrie mais debout, témoignage de la solidité de l’œuvre de l’architecte Joseph Coomans. Pourtant, le bâtiment est ravagé : la toiture arrachée, les murs déchirés, la cloche brisée dans sa chute. Le pasteur se retrouve sans fidèles ni église.
Face à l’ampleur du désastre, le curé Dewitte finit par céder. Le 26 mai 1916, un mois après la décision allemande de faire disparaître l’église du paysage, il quitte le village déserté, le cœur lourd, en direction de Noordpeene, dans le doyenné de Cassel, emportant avec lui le souvenir d’un lieu brisé par la guerre.
Sources :
Référence :
- Tome 12 – SHCWR
- Journal de Guerre
Auteur :
- Dumortier Henry
- Achiel Van Walleghem
Lieu :
- Dickebusch
