Courbaturés d’y avoir passé la nuit entière

Vers cinq heures du matin, certains habitants osent enfin sortir des caves. Courbaturés d’y avoir passé la nuit entière, ils regagnent pour quelques heures leur lit. Dans la journée, chacun s’emploie à améliorer les abris souterrains afin de pouvoir y loger en permanence, car les soldats, réquisitionnés pour le service de jour et de nuit lié au travail des limonades, doivent y rester. L’activité de l’usine diminue toutefois depuis le départ des troupes ; on ne voit plus ces files interminables de chariots s’étendant jusqu’au bout de la rue. Les civils racontent même qu’une fois les réserves de sirops épuisées, la production cessera et qu’un transfert pourrait s’opérer vers Tourcoing.

À Comines-France, de nouvelles bombes s’abattent rue du Moulin, détruisant des maisons ouvrières et touchant la ferme Masquelier au Viel-Dieu. Plus loin, à Poperinghe, un gigantesque canon anglais traverse la place sous le regard ébahi des habitants.

Pendant ce temps, la guerre continue de s’étendre : la bataille fait rage dans le golfe de Riga, tandis qu’en Russie le Tsar prend personnellement le commandement des forces armées. L’Italie, de son côté, déclare la guerre à la Turquie, ouvrant un nouveau front dans ce conflit qui ne cesse de s’élargir.

Sources :

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