Grandes bouffées de gaz

La pleine lune rend les nuits très claires. Cela nous inquiète, car nous craignons des visites d’aéros.

Ce matin, à 6 h 30, heure centrale, c’est-à-dire à l’heure allemande, d’importantes bouffées de gaz se répandent sur Comines. Un brouillard épais recouvre la ville et, pendant près d’une heure, ceux qui osent s’aventurer dans les rues sont pris de quintes de toux et vont même jusqu’à vomir. D’après les témoins, le brouillard semblait se déplacer au ras du sol. Tous les légumes encore présents dans les jardins paraissent brûlés. Le gaz venait du côté de Warneton.

À la chapelle, l’odeur est très perceptible. Elle est même si forte qu’on demande à la sœur sacristaine si elle n’a pas laissé un bec de gaz ouvert. Une personne habitant rue de Warneton, qui se rendait à la messe, est obligée de rentrer chez elle, tant elle éprouve des difficultés à respirer. Elle est fortement incommodée. Une odeur de chlore persiste durant toute la journée.

Vers 11 heures, les aéros prennent leur envol et lâchent des bombes du côté de Houthem et de Ten-Brielen. Tout le monde se réfugie dans les caves.

Dans l’après-midi, des soldats annoncent qu’il y aurait eu des victimes civiles et militaires à Ten-Brielen. Nous apprenons plus tard qu’il n’y a pas de victimes civiles, mais que huit obus sont tombés sur le village, dont plusieurs sur les baraquements.

Baraques Ten Brielen – Fonds SHCWR

En zone non occupée, on récolte la chicorée. Après séchage, celle-ci ne pourra toutefois plus être vendue en France, malgré une forte demande.


Mort pour la patrie :

DERIBREUX Victor, né à Ploegsteert le 9 juin 1895. Soldat milicien de la classe 1915 au 13e régiment de ligne, 3/1. Tombé au champ d’honneur à Ramscappelle, le 8 ou le 9 novembre 1916, à l’âge de 21 ans et 5 mois. Inhumé au cimetière militaire belge d’Adinkerke. Croix de chevalier de l’ordre de Léopold II avec palme, à titre posthume.

Sources :
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