Bombes d’aéroplanes sur Comines

Il y a eu deux victimes hier, dans la rue du Moulin, à Comines France : une femme a eu la tête tranchée dans sa maison par un éclat provenant d’une bombe tombée à une vingtaine de mètres, dans sa cour. Son petit-fils, âgé de douze ans, grièvement blessé, est décédé aujourd’hui. D’autres bombes sont également tombées hier près de l’abattoir et de l’hospice-hôpital.

Deux aéros sont passés durant la nuit ; les projecteurs ont fonctionné continuellement.

Le temps est clair aujourd’hui et les aéros sont nombreux. À cela s’ajoutent de formidables essais de mines : on croit à chaque instant qu’il s’agit de bombes ou d’obus et l’on court à la cave. Mais, jusqu’ici, nous en sommes quittes pour la peur.

Vers 13 h 30, cependant, de nouveaux aéros lancent des bombes du côté du Godshuis, où se trouvent les casernes, ainsi que près du pont de chemin de fer. Aux casernes, trois bombes tombent sur une baraque servant d’écurie : quinze chevaux sont tués et trois autres doivent être abattus. Quatre soldats sont tués et huit blessés.

AERIAL WARFARE IN THE FIRST WORLD WAR (Q 27521) British bombs falling on to a target behind the enemy’s lines – air photograph. Copyright: © IWM. Original Source: http://www.iwm.org.uk/collections/item/object/205288281

Ces bombardements aériens du Godshuis décident les Allemands à renforcer les caves de Comines et à réorganiser la dotation des unités en mitrailleuses antiaériennes.

La Ville cherche à obtenir quelques-uns des chevaux tués. Elle parvient à en acheter deux, qui seront débités samedi et dimanche. Il est bien rare d’avoir de la viande.

L’autre jour, on a fabriqué pour les habitants du saucisson frais avec le mulet d’Omer Breyne, datant de 1870. Malgré son âge et le fait qu’il était fort épicé, il était bon !

Au début de cette semaine, nouveau saucisson frais avec un cheval d’Eugène Plovier, qu’il a fallu abattre.

Il y a quelques semaines, on avait également abattu une génisse d’Omer Breyne qui, paraît-il, avait avalé du fer. Par ordre de la Commandantur, cette viande, réservée aux malades et aux personnes âgées d’au moins 70 ans, ne pouvait être consommée que bouillie.

Cette semaine, la mairie a pu obtenir, par personne, 100 grammes de café moulu à 3,60 francs le kilo et 100 grammes de cassonade à 2,20 francs le kilo. La Ville ne peut être incriminée à ce sujet, car les sacs arrivent plombés. Mais le café contient du malt concassé et de la chicorée, tandis que le sucre n’est pas fameux. Malgré cela, nous sommes toujours contents d’en obtenir.

Chose curieuse, à Comines France, ils ont toujours du bon café à 2,40 francs le kilo et de l’excellent sucre à 1 franc. Et cependant, cela ne proviendrait-il pas de la Commission for Relief in Belgium ? Rien à y comprendre.

Cette semaine, le bourgmestre n’a pas pu aller à Courtrai.

Il paraît que dimanche, aussi bien en France qu’en Belgique, ce fut la panique pendant les offices religieux. En France, les personnes restées dans l’église se sont regroupées sous le clocher ; en Belgique, seules six personnes ont suivi la messe.

Les avions qui bombardent Comines semblent toujours arriver de l’Abele. Une bombe tombe près du pont de chemin de fer et tue dix soldats allemands.

Sources :

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