Blessé à la tête.

Grande affluence à la chapelle : nos morts ne sont pas oubliés. Il semble que les armées veuillent lancer un défi à la Mort, car, hier comme aujourd’hui, le canon ne cesse de tonner.
Nous avons dû changer de chambre : il y faisait trop froid et les fenêtres sont cassées.
Quant aux logements des officiers, ils changent bien souvent de locataires. Certaines maisons ressemblent davantage à des hôtels, tandis que les écuries des ordonnances sont de véritables fumiers.
Le médecin qui occupe la salle à manger de la brasserie Dumortier, où se trouvent le coffre-fort, les dossiers du bureau ainsi que la bibliothèque, partait aux tranchées en emportant les clés, laissant ainsi tout le local fermé. Les propriétaires finissent par obtenir que, lorsqu’il part au feu, il laisse les clés sur place.
On parle du départ des Wurtembergeois.
Le général Mangin reprend le fort de Vaux aux Allemands.

Mort pour la patrie :
Fernand Verschoore, né à Ploegsteert le 1er juin 1894, sergent milicien de 1914 au 3e régiment de carabiniers, 11e compagnie, matricule 959, est décédé aujourd’hui à 7 heures, au Belgian Field Hospital de Hoogstade, des suites de blessures reçues face à l’ennemi. Il était âgé de 20 ans et 5 mois.
Il est inhumé au cimetière militaire belge de Hoogstade, tombe 32.
Médaillé de la commémorative 14-18 et titulaire de la Croix de chevalier de l’Ordre de Léopold avec palme.
Excellent sous-officier, dévoué et courageux, il avait été grièvement blessé à la tête par un éclat d’obus alors qu’il effectuait un service de garde dans les tranchées de première ligne.
