Le canon reprend par moments.

Le beau temps règne sur Comines.
Depuis hier, le canon s’est remis à tonner par moments, surtout pendant la nuit. Les contrôles se renforcent également : on ne laisse plus passer personne par le grand pont. À l’aller, il faut désormais emprunter le pont Napoléon et revenir par le grand pont. Plusieurs personnes sont arrêtées et empêchées de passer faute de carte d’identité.
Henry Dumortier est condamné à une amende de vingt marks pour « fausses déclarations ». Il se rend à la Kommandantur pour demander des explications. Le procès-verbal — traduit pour lui — précise que le plancher signalé comme disparu a en réalité été déplacé en partie, tandis que le reste a servi à fabriquer des cloisons, des lits et des caisses qui se trouvent toujours dans la brasserie. Quant aux pièces de chêne utilisées pour produire de la vapeur, l’administration militaire déclare ne pouvoir être tenue responsable des actes d’un chauffeur civil.
Du côté français, les autorités semblent autoriser des visites vers Wervicq-Sud et Sainte-Marguerite. Les habitants en profitent aussitôt, tant que cette tolérance demeure. Le Comité Hispano-Américain vient une nouvelle fois en aide aux pauvres de la ville. Comme lors de la précédente distribution, ce sont surtout les écoles laïques qui bénéficient de ces dons, ce qui suscite le mécontentement des opposants au maire.
Le commandant de place, von Heusinger, a quitté son poste dimanche. Les « Cuirassiers blancs » de Cologne ont également quitté la ville.
Dans le secteur au sud-ouest d’Ypres, on s’attend désormais à une offensive britannique dans une ou deux semaines.
Sources :
Référence :
- Tome 12 – SHCWR
- La Guerre
- Journal de Guerre
Auteur :
- Dumortier Henry
- Bernard Vernier
- Achiel Van Walleghem
