Communion solennelle

Le temps est magnifique, presque en contradiction avec les événements qui continuent de se dérouler.

Durant la nuit, le canon a tiré sans relâche.

On célèbre la communion solennelle pour les années 1915 et 1916. La cérémonie se tient le matin dans les écoles, désormais transformées en Soldatenheim, c’est-à-dire en cabarets pour soldats. Ces locaux devant être libérés pour dix heures, et la chapelle étant trop exiguë, les offices de l’après-midi doivent être célébrés en deux temps. Faute d’espace, on enlève même les chaises. Deux cérémonies distinctes sont ainsi organisées : l’une pour les garçons, l’autre pour les filles.

Mais ce qui frappe, c’est le contraste. Les dépenses consacrées aux tenues de cérémonie suscitent l’indignation : rien ne semble avoir changé par rapport aux années précédentes, alors même que la menace de famine se précise. Le beurre atteint quatre francs, les œufs six sous — signes évidents d’une cherté grandissante.

Et pourtant, malgré tout, la cérémonie se déroule sans incident.

La Gazette de Lausanne rapporte que le 64e régiment allemand est allé se faire décimer devant le fort de Vaux, après avoir quitté Comines.

Du côté de Verdun, les combats font toujours rage. Les Allemands attaquent le secteur du Mort-Homme ainsi que les cotes 265 et 295, mais les Français résistent avec acharnement, soutenus par leur artillerie.

Sources :
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