Où est l’observateur

Réveillés vers 2 heures du matin, les habitants entendent une violente canonnade en direction de Deûlémont. L’attaque, bien que brutale, ne dure qu’une demi-heure.
À Comines France, le même phénomène est perçu au même moment, mais les éclairs de la bataille semblent provenir davantage du côté de Ploegsteert et de Messines. Vers 2 h 10, une fusillade particulièrement intense se fait entendre, prolongeant brièvement l’engagement.
Dans ce contexte d’occupation, il arrive que certains soldats allemands nouvellement logés en ville laissent traîner des journaux français ou suisses. Ces documents deviennent alors précieux pour les habitants, qui y trouvent des informations échappant à la censure allemande et leur offrant un autre regard sur la guerre.
Un fait singulier est également rapporté : la veille, un Zeppelin, après avoir d’abord perdu de l’altitude à la suite d’un tir, se remet soudain à monter très rapidement. La corde qui le retenait se rompt — sans doute le câble d’ancrage — et, en quelques minutes, l’appareil atteint une hauteur considérable, dérivant rapidement vers le nord-est. Le dispositif de retenue semble avoir cédé. Le sort du pilote, emporté dans cette ascension incontrôlée, demeure inconnu.

