Se rendre au cimetière est refusé.

Il n’est plus permis de « frauder » ses péchés et tout le monde se confesse en Belgique. La Ville a demandé que, demain, jour de la Toussaint, la sentinelle du canal soit reculée jusqu’au cimetière, mais cette demande est refusée.
Le maire Ducarin demande à son tour que les Belges puissent se rendre, pendant quelques heures, au cimetière français. Cette demande est également rejetée.
Depuis le changement de Commandantur, beaucoup de jeunes gens jouaient au football. Des équipes s’étaient formées un peu partout : à Comines Belgique, à Comines France, au Godshuis et à la Gaie-Perche. Des matches étaient régulièrement organisés.
Des plaintes furent déposées, sous prétexte que les cultures en souffraient. Le commandant fit alors appeler le bourgmestre, qui lui expliqua qu’il n’en était rien et que l’équipe, dans laquelle jouaient notamment son fils, les Lannoy, d’Ennetières et d’autres jeunes gens, disputait ses rencontres dans une prairie lui appartenant. Le commandant approuva ces explications et autorisa la poursuite du jeu.
Quelques jours plus tard cependant, alors qu’il entrait chez Madame d’Ennetières au moment où les jeunes footballeurs prenaient le thé, il déclara qu’on ne devait pas organiser de réunions en temps de guerre et qu’il ne tolérerait pas cela.
Sans parti pris, il faut avouer qu’à une époque où l’on parle tant des hommes, il n’est guère raisonnable de se faire remarquer en jouant au football, avec tout un public de curieux venus du peuple pour assister aux rencontres. De plus, les semis ne se prêtent guère à ces parties de plaisir.

NDLR : Il n’y a pas que les anglais qui jouent au football à cette période là !…
