Quesnoy bombardé.

Depuis quelque temps, le pain est devenu très mauvais, non pas tant par son goût que par son odeur, qui est aigre, et surtout par son aspect. Les cas d’entérite se multiplient, parfois jusqu’aux saignements, y compris chez les enfants. Ce sont, pour la plupart, les farines qui ont été échauffées.
Le docteur Vouters conseille de supprimer le pain, mais par quoi le remplacer ? Lui-même le remplace par des pommes de terre, mais encore faut-il en avoir. Que d’estomacs délabrés après la guerre ! Quelle calamité !
À la Coopérative, on a enfoui dans les prés des fournées entières de pain devenu immangeable. Que va-t-il advenir de nous durant l’hiver ? Ici, nous ne disposons même pas des 300 grammes de pommes de terre par jour accordés dans l’intérieur du pays.
Les Allemands ont beaucoup bombardé cette nuit. C’est terrible. Y aura-t-il une riposte ? Quesnoy reçoit continuellement sa part d’obus, mais là, les habitants peuvent encore partir et beaucoup en profitent.

Les officiers, qui devaient rentrer à la brasserie mardi, ne reviennent que ce soir, et pour trois jours seulement.
Les 1re et 2e Divisions canadiennes s’en vont. Les 3e et 4e Divisions restent sur place. À Westoutre, des troupes arrivent de la Somme et racontent les atrocités dont elles ont été témoins.
Sources :
Référence :
- Tome 12 – SHCWR
- Journal de Guerre
Auteur :
- Dumortier Henry
- Achiel Van Walleghem
Lieu :
- Comines – Belgique
- Quesnoy
