Les jours diminuent.

Après cinq semaines de sécheresse, voici enfin la pluie. Les jours diminuent, ce qui n’est guère réjouissant, surtout qu’il semble que nous soyons partis pour passer l’hiver, le troisième de l’occupation.
Les soldats nous parlent depuis longtemps de la fin de la guerre pour le 17 août, tant la misère est grande, mais on ne compte guère là-dessus.
L’amende de 1 000 marks infligée aux ouvriers le 7 août est réduite de moitié ; c’est la Ville qui paie. À partir de cette semaine, les salaires des ouvriers seront payés en grande partie par les Allemands ; les ouvriers doivent donner quittance.
À la brasserie, beaucoup de civils viennent acheter des limonades à 0,15 pfennig, pour eux-mêmes ou pour les revendre. Ont-ils ou non raison ?

Les Allemands semblent bien manquer de tout. Ils viennent en effet d’exiger de la population de Comines France la déclaration de tous les tissus mesurant plus de deux mètres, sans compter le cuivre et l’étain. Ceux qui enfreindraient ces ordres s’exposent à une amende de 10 000 marks ou à cinq ans de prison.
