Que d’inquiétudes.

Deux ans après l’entrée de la Belgique dans la guerre, la population de Comines vit toujours sous la menace permanente des combats. Rares sont ceux qui osent encore s’attarder dans les rues, surtout durant l’après-midi, chacun redoutant l’arrivée soudaine d’obus ou le passage d’avions ennemis.

Les nuits n’apportent guère davantage de répit. Les habitants sont souvent réveillés par des tirs dirigés contre les avions ou par des détonations dont ils ne distinguent plus toujours l’origine. Depuis plusieurs jours, les Allemands bombardent chaque soir au début de la nuit. On entend d’abord le départ des pièces d’artillerie, suivi d’un long roulement qui s’éloigne progressivement avant que le silence ne revienne.

Cette tension permanente épuise les esprits autant que les corps.

« Que d’inquiétudes, que de tourments ! Fièvre, battements de cœur… Nous ne serons plus que des détraqués après la guerre. »

Ces quelques mots traduisent avec force l’usure psychologique provoquée par deux années de guerre, bien avant que l’on ne parle officiellement des traumatismes liés aux combats.

À Comines France, un épisode particulièrement émouvant rappelle les violences des premiers mois de l’occupation. À l’abattoir, on exhume le squelette d’un civil étranger fusillé en octobre 1914, au début de l’occupation allemande. Ses restes sont placés dans un cercueil avant d’être conduits au cimetière pour recevoir une sépulture digne.

Abattoir Comines France – Fonds SHCWR

On apprend également que l’avion allemand touché la veille lors du combat aérien s’est finalement écrasé rue des Pompes à Feu à Wervik, confirmant les observations faites depuis Comines.

Enfin, cette journée marque le deuxième anniversaire de l’entrée en guerre de la Belgique, le 4 août 1914. Deux années se sont écoulées depuis l’invasion du pays, et pour les habitants des régions occupées, l’espoir d’une fin prochaine du conflit paraît toujours aussi incertain.

Sources :

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