Des chien dressés.

Après les bombardements des nuits précédentes, la population demeure dans une inquiétude permanente. Chacun redoute une nouvelle attaque et reste à l’écoute du moindre bruit. Le mauvais temps limite les activités aériennes, mais dès qu’une éclaircie apparaît, les avions reprennent aussitôt leurs missions au-dessus de la région.
Dans les prairies de Comines, un spectacle inhabituel attire l’attention depuis plusieurs jours : des chiens militaires allemands sont entraînés du matin au soir, au milieu des cris de leurs dresseurs. Cette unité cynophile prépare des animaux destinés à retrouver les blessés dans le no man’s land. Les essais, qui se poursuivront durant l’été, se révéleront cependant peu concluants : bien souvent, les patrouilles britanniques récupèrent les blessés avant l’arrivée des chiens.

À Poperinghe, la ville tente lentement de se relever des violents bombardements subis ces derniers jours. Une grande partie de la population civile a quitté les lieux et les autorités alliées interdisent désormais aux soldats d’y pénétrer, afin d’éviter de nouvelles pertes en cas de bombardement.
Pour les unités britanniques qui montent en ligne, traverser Ypres devient une véritable épreuve. Les camions bâchés progressent difficilement dans un enchevêtrement d’ornières et d’entonnoirs d’obus, souvent en remorquant un obusier de 6 pouces. Les secousses sont telles que le trajet se transforme en véritable parcours du combattant, avant que la route ne redevienne plus praticable à hauteur de Saint-Jean (Sint-Jan), aux portes de la ville. Cette logistique chaotique illustre les difficultés croissantes auxquelles les armées alliées sont confrontées pour ravitailler le front d’Ypres.
