Les gendarmes circulent.

La nuit est pratiquement blanche. Après le bombardement de la veille, l’artillerie allemande répond avec vigueur et le vacarme des canons empêche tout repos. Aux secousses de la nuit s’ajoutent les effets de la tension nerveuse : les habitants sont pris de sueurs, puis de frissons, sans savoir s’il s’agit de la fièvre ou simplement de l’épuisement.
Dès l’aube, on parcourt les rues pour mesurer les dégâts. Partout, les habitants s’activent à réparer portes, fenêtres et toitures. Comme souvent depuis le début de la guerre, la ville s’efforce de retrouver une apparence de normalité avant la tombée du soir, même si chacun se demande combien de temps ce répit durera.
On apprend que, lundi dernier, une vingtaine de jeunes civils appartenant aux classes convoquées lors de l’appel ont été désignés pour le travail obligatoire au profit des autorités allemandes.
À l’approche de la soirée, la peur domine. Plus personne n’ose se rendre au café. Depuis les bombardements des jours précédents, chacun vit dans l’attente du prochain obus. Vers 18 heures, la rumeur annonce une nouvelle attaque imminente. Les gendarmes parcourent les rues, particulièrement dans le quartier de la brasserie Dumortier, ordonnant aux habitants de rentrer chez eux et de fermer les volets. De nombreux voisins trouvent refuge dans la cave de la famille Dumortier. Finalement, aucun bombardement ne se produit cette fois-là, mais la peur suffit à maintenir une vingtaine de civils, ainsi que les enfants et les domestiques, dans la cave durant toute la nuit.
Les derniers bombardements n’ont fait aucune victime à Comines France. En revanche, sur la rive belge, plusieurs soldats allemands auraient été tués dans leurs baraquements du Godshuis, durement touchés par les tirs alliés.
Sur le front de la Somme, la bataille d’Albert s’achève, mettant un terme aux deux premières semaines de la grande offensive anglo-française. Si plusieurs positions allemandes ont été conquises, les pertes humaines, particulièrement du côté britannique, sont déjà considérables, annonçant une campagne qui s’inscrira parmi les plus meurtrières de toute la Première Guerre mondiale.

Although this scene is now generally considered to have been staged for the camera, possibly at a Trench Mortar School well behind the lines, this image and the film sequence from which it is … Copyright: © IWM. Original Source: http://www.iwm.org.uk/collections/item/object/205021984
