Attaque de Hooge.

La nuit ressemble aux précédentes : le canon gronde presque sans interruption et de nombreux blessés transitent par l’arrière-front. Les habitants assistent, impuissants, à ce va-et-vient incessant qui rappelle le prix humain des combats.
Comme chaque semaine, on procède à l’appel des hommes.
Dès 7 heures du matin, les Allemands déclenchent un bombardement d’une violence exceptionnelle sur Hill 62 et le Mont Sorrel. Pendant des heures, l’artillerie pilonne sans relâche les positions canadiennes. À 14 heures, quatre mines sont simultanément mises à feu sous les lignes alliées, anéantissant presque entièrement six pelotons du 28e Bataillon canadien. La déflagration est telle qu’elle bouleverse le champ de bataille, mais l’intensité du bombardement est si forte que certains soldats britanniques de seconde ligne ne perçoivent même pas immédiatement ce qui vient de se produire.
Malgré le choc initial, Canadiens et Britanniques s’efforcent de réagir. Au prix de combats acharnés, souvent menés à courte distance, ils parviennent à reprendre une partie du terrain perdu. À Comines, le fracas est parfaitement perceptible et les habitants distinguent nettement, à l’oreille, la direction des combats qui font rage au sud-est d’Ypres.
Dans le secteur de Hooge, le 157e régiment d’infanterie allemand attaque les positions tenues par le 22e régiment d’infanterie dans le cadre des mouvements et relèves imposés par l’intensité des opérations. Tout le saillant d’Ypres est alors secoué par des affrontements d’une rare violence.

