Houthem bombardé.

La nuit a été marquée par de violents tirs d’artillerie. Des obus sont tombés à Houthem, contraignant les ouvriers civils à fuir précipitamment ; plusieurs chevaux y ont été tués, rappelant une fois encore combien la guerre frappe sans distinction.

Dans les journaux allemands circule une information inquiétante : l’Angleterre aurait adressé un ultimatum aux Pays-Bas afin d’obtenir le passage de ses troupes. Qu’elle soit fondée ou non, cette annonce participe à entretenir un climat de tension et d’incertitude.
Les drames du quotidien se multiplient. À Comines France, un enfant est écrasé par une automobile, tandis qu’à Comines Belgique, un autre est grièvement blessé par l’explosion d’un objet qu’il manipulait. La guerre, même loin des tranchées, s’insinue jusque dans les gestes les plus ordinaires. Le couvre-feu est par ailleurs fixé à 20 heures côté français.
Sur le front, le capitaine Francis Buckley et ses hommes prennent position à l’ouest de Wijtschate, près du « Petit Bois », ainsi nommé par les Français au début du conflit. Le secteur est relativement calme, mais reste vulnérable : les tranchées, mal protégées, ont surtout été drainées par les Canadiens qui les occupaient auparavant, davantage soucieux d’assécher le terrain que de le fortifier.
La vie au front s’y organise malgré tout, dans une tension constante. Les communications avec les positions anglaises situées en hauteur, du côté de Vierstraat, sont difficiles à établir. On utilise donc un simple câble reliant les postes : deux coups annoncent le départ d’un soldat allié, trois coups signalent la présence d’une patrouille ennemie. Dans ce système rudimentaire, chaque vibration devient un message vital — preuve que, même dans le calme apparent, la guerre ne laisse aucun répit.
