Bondé de soldats.

La nuit dernière peut être comparée aux premiers jours de l’invasion. On frappait aux portes pour loger les soldats, et bien des maisons ont vu leurs pièces envahies. La brasserie Dumortier qui fabrique les limonades héberge déjà les officiers supérieurs — actuellement aux tranchées —, ce qui lui a valu d’être épargnée. Seule une ordonnance s’est présentée vers deux heures du matin, pour repartir presque aussitôt.
Au matin, les rues sont bondées de soldats ; jamais on n’en avait vu autant. Il s’agit notamment des 106e et 182e régiments saxons, revenus en partie.
Toute la journée se passe encore à chercher des logements pour les officiers et à installer des bureaux. L’occupation s’organise, s’étend, s’impose.
Dans la matinée, cinq aéroplanes alliés survolent la ville à très basse altitude, offrant un spectacle aussi saisissant qu’inquiétant.

Le vicaire de Dickebusch signale l’arrivée de renforts canadiens. Le revers subi à Saint-Éloi devra, sans doute, être effacé.
