Déserteurs allemands

Le journal hollandais De Telegraaf rapporte la désertion de quatre fantassins allemands à la frontière belgo-hollandaise. Revêtus de vêtements civils, ils seraient parvenus à franchir les fils de fer barbelés en utilisant un tonneau, atteignant ainsi le sol batave.
Ces hommes avaient récemment combattu à Saint-Éloi. Sur les 482 hommes de leur bataillon, seuls 19 en seraient sortis indemnes. Ils décrivent des combats d’une violence extrême, allant jusqu’à affirmer que les Anglais semblaient considérer la guerre comme un sport.
Leur témoignage fait également état d’une très mauvaise ambiance au sein de la troupe allemande. Les rations, devenues immangeables, en seraient un signe frappant. Ils avaient d’ailleurs emporté avec eux un morceau de pain, examiné par un boulanger local, qui aurait constaté qu’il s’agissait d’un mélange de maïs et d’une farine de blé de très mauvaise qualité.
Ces soldats évoquent aussi des exécutions pour insubordination : neuf de leurs camarades auraient été passés par les armes. Ils disent s’être sentis traités comme des êtres sacrifiés, envoyés en première ligne sans ménagement. À Saint-Éloi, ils affirment avoir été contraints d’avancer sous la menace d’armes pointées dans leur dos. La moindre hésitation entraînait des sanctions immédiates, notamment l’affectation aux postes les plus exposés, comme les postes d’écoute, constamment menacés par les grenades ennemies.
À travers ces récits, se dessine l’image d’hommes à bout de forces, usés physiquement et moralement par une guerre dont ils ne perçoivent plus l’issue.
Et pendant ce temps là les canadiens dans les bois du Ploegsteert s’organisent.

