Interdiction de lumière.

La journée demeure relativement calme, mais le soir venu, le canon se fait entendre par intermittence. De nombreuses lueurs apparaissent sur l’ensemble du front, et l’on distingue parfois des signaux de feu, jusque dans le ciel au-dessus de la ville.
À Comines, côté français, les autorités prolongent d’une heure la présence autorisée des civils à l’extérieur : la retraite est désormais fixée à 20 heures (heure française). De nouvelles consignes sont affichées. Il est strictement interdit de laisser filtrer la moindre lumière par les fenêtres durant la nuit ; chacun doit s’équiper de volets ou de stores noirs, et ceux qui n’en disposent pas recouvrent leurs vitres de papier gris. Il est également ordonné de rester à l’intérieur des habitations lors du passage des aéroplanes, et défendu de s’approcher de l’un d’eux s’il venait à s’écraser.
Dans les maisons, la présence militaire se fait de plus en plus pesante. Officiers et soldats y sont logés en nombre croissant. Sur ce point, les ordres sont stricts et n’admettent aucune contestation.
Toujours à Comines France, trente-deux cercueils ont été mis en terre la veille. Tout porte à croire que les Allemands ont subi de lourdes pertes ces derniers jours. Le vicaire de Dickebusch note dans son journal qu’à Saint-Éloi, les Allemands ont profité de la relève des troupes canadiennes pour contre-attaquer et reprendre les hauteurs.
NDLR : à 3 min 41 on y voit furtivement l’état des Halles de Ypres
