Grande offensive.

Une grande offensive s’est déroulée toute la nuit, et le canon continue de gronder tout au long de la journée, comme un écho ininterrompu de la violence du front.
Certains baraquements sont désormais presque achevés. Au Godshuis, aux Cinq-Chemins, au Mai-Cornet, on en construit en grand nombre. Il se murmure que les soldats ne seront bientôt plus logés chez l’habitant, à l’exception des officiers d’un grade supérieur à celui de lieutenant. « Notre » commandant qui loge chez Dumortier, quant à lui, se trouve aux tranchées depuis le 1er avril ; ses ordonnances sont revenues deux jours avant de repartir.

Le pain est devenu détestable : collant, gorgé d’eau, difficile à consommer. Cette dégradation est sans doute liée aux gâteaux préparés pour la communion, qui accaparent une partie des ressources. Pourtant, certaines scènes étonnent : chez Becquart, des ouvriers assistés ont acheté des pâtisseries pour une dizaine de francs. Qui pourrait croire, à voir cela, que la misère est si grande ?
Pendant ce temps, à Marseille, la première brigade russe fait son entrée après un long périple depuis Moscou. Elle y reçoit un accueil triomphal, comme un signe d’espoir et de renfort dans la tourmente.
