On les aura !.

La veille au soir, le canon a grondé durant quelques minutes, à intervalles réguliers. En dehors de ces salves, le bombardement s’est poursuivi toute la nuit dans les tranchées, comme un roulement continu qui ne laisse aucun répit.

On entreprend la construction de baraquements juste en face de la brasserie Dumortier. Ce sont des civils, principalement des charpentiers, qui sont chargés de les ériger, preuve que même les activités les plus ordinaires sont désormais mobilisées par la guerre.

Dans la nuit, jusqu’à une heure du matin, une agitation inhabituelle règne à la brasserie : on y décharge cent cinquante touries de sirop destinées à la fabrication de limonades.

C’est le second jour de la communion solennelle, et les excès liés aux tenues se répètent, suscitant les mêmes critiques. Dans le même temps, la qualité du pain se dégrade ces jours-ci, conséquence directe des gâteaux confectionnés pour la cérémonie, qui mobilisent une partie des ressources.

L’estaminet « La Fontaine » a repris vie dans une grange, où un petit noyau de civils continue de se retrouver, comme pour préserver un semblant de normalité.

Au front, la crête de Saint-Éloi est reconquise par les troupes canadiennes, soutenues par les Anglais.

Dans le même temps, l’ordre du jour du général Philippe Pétain salue l’héroïsme des soldats français et se conclut par ces mots appelés à marquer les esprits : « Courage, on les aura ».

Philippe Pétain – Domaine Public – Commons Wikimedia
Sources :

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