Des obus au Mai-Cornet.

On se réveille avec de la neige qui couvre entièrement le sol et continue à tomber jusqu’à midi à gros flocons; il fait bien froid.
Dans la journée, explications du mouvement de la nuit : des aéros étaient annoncés et on faisait éteindre les lumières.
Ducarin a convoqué le conseil municipal, les délégués de la ville et d’autres personnes, en tout quarante-sept, au sujet de l’affaire de l’Etoile; il s’est couvert de ridicule en mettant à la porte Vandevenne, son comptable depuis trente ans, qui est en même temps comptable de l’Etoile et qui voulait prendre la parole, en s’excusant, après critiques et explications, de n’avoir pas su telle et telle chose (il n’est pas sorti de chez lui depuis l’invasion) et en voulant faire finalement voter des félicitations, ce qu’Auguste Vandewynckele a refusé, au nom de tous.
Dans l’après-midi, des obus éclatent au Mai-Cornet; vers 17h30, un gros obus passe sur Comines et va tomber dans une prairie près de la ferme Jules Lesaffre à Comines France. Au pont-frontière, on est de plus en plus difficile; j’ai été visité aujourd’hui par les soldats du poste. Cela faisait 40 jours que les Cominois n’avaient plus reçu de projectiles.

A Saint Eloi, les Anglais font exploser des mines sous les positions allemandes à l’aube. Par précaution, l’artillerie allemande réplique.
