Plus de clocher.

Le temps est superbe et invite à la promenade. Celle-ci se fait dans un calme presque irréel : aucun soldat en vue, pas même de sentinelle, bien qu’il faille rester prudent, car des gendarmes circulent parfois.

Depuis les chemins autorisés, le regard porte loin sur les villages meurtris : Kemmel, dont la tour a disparu, Messines, privée de son église mais où subsistent les ruines de l’institut, Warneton avec son église sans clocher, ainsi que le château Ghesquière et deux hautes cheminées encore debout. De Deulémont, on ne distingue plus rien. Plus loin apparaissent les clochers de Le Quesnoy, Linselles et Sainte-Marguerite.

L’église de Warneton a perdu son clocher – Fonds SHCWR

Dans le ciel, l’activité est intense. Le beau temps favorise les sorties d’aéroplanes, et l’on en compte jusqu’à une vingtaine au-dessus de Comines. Un groupe de cinq appareils alliés se dirige vers Linselles. La défense allemande tire, mais de manière peu précise, et l’on voit les obus éclater sans grand effet. Les pilotes décrivent des cercles vers le Blanc-Four, puis reviennent en direction de Comines.

Soudain, derrière la hauteur de Wervicq-Sud, des biplans allemands surgissent et fondent sur eux. L’un des appareils alliés est touché et contraint d’atterrir. Le combat s’intensifie : douze avions alliés affrontent désormais sept allemands. C’est un spectacle saisissant, rarement observé au-dessus de la région. Vers 11 heures, les appareils se dispersent peu à peu et le calme revient dans le ciel.

Face aux dangers croissants liés à la proximité du front, le gouverneur belge interdit désormais la tenue des écoles dans les zones trop exposées.

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