Des rats en circulation.

Les canonnades se poursuivent sans relâche et résonnent jusque dans les faubourgs.
À Comines France, le pharmacien Deschildre se prépare à passer trois jours en prison pour avoir refusé de délivrer un médicament à un soldat allemand. Celui-ci réclame une potion que l’officine ne possède pas, mais l’absence de produit ne suffit pas à convaincre l’autorité militaire qui impose la sanction.
Depuis hier soir, un second capitaine du 182ᵉ régiment saxon et ses ordonnances s’installent dans la maison du brasseur Dumortier. Le premier officier, quant à lui, part loger à Bousbecque. L’inconvénient est qu’en quittant les lieux, il laisse la porte de la cour grande ouverte : avec la quantité de rats qui circulent en ville, on redoute désormais qu’ils envahissent la maison.
Le maréchal French reçoit le titre de Vicomte d’Ypres. Il n’est pas le premier à le porter : au XIIIᵉ siècle déjà, un certain Guillaume de Lo, à la fois comte de Kent et capitaine général de l’armée anglaise, reçoit ce même titre. Son cercueil, conservé à Ypres, est atteint par des obus allemands avant d’être transféré vers Furnes via Lo. Le vicomte n’avait certainement pas imaginé qu’on le transporterait encore, six cent cinquante-trois ans après sa mort, et qui plus est… en automobile.

