Navires au large de Zeebruges

On dort toujours dans les caves, même si l’inconfort reste grand. Pourtant, la fatigue aidant, le sommeil vient plus facilement, et les soldats font moins de bruit. On ose même sortir un peu. Les autorités rappellent pourtant la prudence : ne pas sortir sans nécessité, repérer les maisons où flottent des drapeaux signalant la présence de caves sûres, garder dans chaque cave un seau d’eau et des linges mouillés pour parer aux incendies.
Un calme étrange plane. On pressent que de grands événements se préparent. Pas un coup de canon ce jour, seulement une fusillade dans la nuit. Hier à l’aube, en revanche, les Allemands ont bombardé avec violence, de Ten-Brielen vers Hollebeke, durant plus d’une heure. Certains disent que Comines sera bombardée jeudi, d’autres samedi.
À Comines France, de nombreux soldats arrivent près de la Gaie Perche. Ce sont des Saxons du 134e régiment, venant de La Bassée et de Warneton. Ils n’ont pas l’air rassurés.
Georg part pour Lille, chargé de récupérer le chien de son maître.
Sur mer, quarante navires anglais croisent au large de Zeebruges, aussitôt pris pour cible par les batteries côtières allemandes.
À Wimereux, contraste saisissant : une fête brillante anime l’hôpital anglais n° 8. D’autres centres sanitaires ouvrent à Calais, Boulogne, Camiers et Étaples. Les blessés sont installés dans les hôtels, les convalescents se reposent sous des tentes alignées au cordeau.
C’est aujourd’hui que débute la conception des premiers tanks. Leur mise au point demandera encore plusieurs mois et leur apparition sur les champs de bataille ne se fera qu’à l’automne 1916, mais déjà, l’idée d’un engin blindé, capable de franchir les tranchées et de résister aux balles, prend forme.
