Cinq avions allemands poursuivent deux avions anglais

La nuit a été mauvaise. L’activité aérienne se prolonge jusque très tard dans la soirée, et même durant la nuit, empêchant une nouvelle fois les habitants de trouver un sommeil réparateur.

La journée est marquée par un temps superbe et une chaleur inhabituelle, la première véritable journée estivale depuis plusieurs semaines. Ces conditions favorisent une intense activité aérienne. Les avions survolent sans cesse Comines, principalement le secteur de la gare et les installations situées plus au nord.

Au cours de la journée, un combat aérien attire tous les regards. Cinq avions allemands poursuivent deux appareils britanniques qui se sont aventurés un peu trop près des lignes allemandes. Soudain, un avion se met à chuter en direction de Ten-Brielen. Les soldats allemands présents dans les rues éclatent de joie, persuadés qu’un appareil ennemi vient d’être abattu. Leur enthousiasme est cependant de courte durée : ils apprennent rapidement que l’avion détruit est en réalité un appareil allemand, victime d’un tir ami ou d’une méprise au cours du combat. Les hourras cessent aussitôt.

À la tombée de la nuit, les officiers regagnent leurs cantonnements, provoquant un va-et-vient incessant qui perturbe encore le repos des habitants.

Vers 19 heures, une importante formation aérienne apparaît au-dessus de la région. Les appareils, dispersés mais nombreux, sont au nombre d’environ dix-huit et prennent la direction de Wervik. Craignant un nouveau bombardement, les habitants se réfugient immédiatement dans leurs caves tandis que les avions passent au-dessus de la ville. Une quinzaine de minutes plus tard, ils reviennent en sens inverse.

Peu après, un important incendie est signalé dans la direction de Wervik. Depuis Comines, les habitants distinguent une épaisse colonne de fumée, qui semble s’élever entre Wervik et Menin avant de s’étendre vers Tourcoing, aussi loin que porte le regard. Si les flammes restent invisibles à cette distance, l’ampleur du panache laisse supposer que les dégâts sont considérables. Cette nouvelle démonstration de la guerre aérienne rappelle que les combats s’étendent désormais bien au-delà des premières lignes, frappant également les infrastructures situées à l’arrière du front.

THE GERMAN ARMY ON THE WESTERN FRONT 1914-1918 (Q 45401) Bread being made in a German Army field bakery at Wervicq in Flanders. Copyright: © IWM. Original Source: http://www.iwm.org.uk/collections/item/object/205191868
Sources :

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