Calendrier de travail
20 cm de neige. Rarement on a vu tomber autant de neige : quinze à vingt centimètres couvrent désormais le paysage. Elle est tombée sans discontinuer toute la journée d’hier et durant la nuit. Le jardin offre un spectacle magnifique : les branches ploient sous la neige et semblent presque se rejoindre. Dans les rues, en revanche, tout devient très sale et détrempé, car le gel ne s’installe pas. La veille, le curé a été convoqué par le commandant afin d’examiner la possibilité de célébrer une messe au-delà des barrières, la circulation vers Comines devant être interdite. Dans cette partie…
Le Portugal rentre en guerre. Le froid est vif et le gel ferme : le thermomètre descend à –4°. L’hiver s’impose brusquement après les journées de neige récente. La communion solennelle destinée aux enfants des années 1915 et 1916 est finalement célébrée aujourd’hui, réunissant deux générations retardées par les circonstances de la guerre. Des affiches rendent publiques les punitions infligées aux cabaretiers surpris dimanche à débiter pendant les heures de fermeture. Ceux qui ont vendu du café écopent d’une amende de dix marks ; ceux qui ont servi de la bière doivent payer vingt marks. Onze établissements sont concernés, parmi…
400 à 500 russes La neige revient encore, accompagnée de fortes gelées. L’hiver semble se prolonger d’une manière peu commune. Sur la grand-place de Comines France arrivent entre quatre et cinq cents prisonniers russes, destinés à travailler dans les environs. Toute la journée se succèdent des mouvements de troupes, tandis que le canon demeure silencieux. Le commandant de place de Comines France s’apprête à quitter la ville avec les troupes actuellement cantonnées, qui doivent être remplacées. C’est précisément aujourd’hui qu’arrive le Reserve-Jäger-Bataillon Nr. 17. Le bataillon devrait être envoyé au front de Messines, face aux Canadiens, dans moins d’une semaine.…
Un calme extraordinaire. Un calme extraordinaire règne ces jours-ci ; à peine entend-on le canon. Pourtant, les routes restent animées par un incessant va-et-vient de troupes. Les cuirassiers quittent la région, tout comme la Kommandantur installée à Comines. Les unités partent par petits groupes à la fois de Comines et des environs, tandis que d’autres viennent prendre leur place : les 210e et 211e sont cantonnés en France, les 213e et 215e du côté de Comines. À la brasserie Dumortier, le capitaine et les ordonnances qui y logeaient viennent de partir au front pour huit jours. Mais à peine sont-ils…
Décès de Liebaert Omer. Un officier aviateur français, fait prisonnier, est passé par Comines, accompagné des débris de son avion abattu entre Wijtschate et Warneton. Le passager de l’appareil a malheureusement trouvé la mort dans l’accident. Fonds SHCWR Un relevé des unités présentes à Comines mentionne les formations suivantes : 20, 82, 157, 210, 211, 212, 213, 214, 215 et 242. On remarque également que les puissantes automobiles militaires ont modifié leur marquage : l’indication de la VIᵉ Armée a été remplacée par celle de la IVᵉ Armée, signe d’une réorganisation du commandement et du dispositif dans ce secteur du…
Churchill revient. Winston Churchill se résout à revenir aujourd’hui à Ploegsteert, au lendemain d’une action menée par des patrouilles britanniques qui a échoué face au Infanterie-Regiment Nr. 104, du côté du Bois du Gheer. L’action s’était déroulée la veille. Vers 4 h 20, le front s’anima brusquement. Deux ou trois groupes britanniques, arrivant par la route du Gheer, furent repérés et mis en fuite par les mitrailleurs allemands, prévenus à temps par le Gefreiter Aurich. Le caporal Scharpe et le soldat Kopnegel, du 10ᵉ bataillon du 104ᵉ, s’aventurèrent ensuite dans le no man’s land et revinrent dans leurs lignes avec…
En creusant des tranchées pour les anglais. À Comines a lieu l’appel de la classe 1917 ; celui de la classe 1918 est annoncé pour le lendemain. L’appel est effectué par un soldat du 36ᵉ, surnommé par la population « les mals foutus ». Les limites de la Kommandantur viennent d’être modifiées, ce qui permet désormais aux habitants de se promener jusqu’au lieu-dit du Hel, situé à environ 2,4 kilomètres du centre. Profitant d’un temps devenu presque printanier, de nombreux Cominois s’y rendent aussitôt. Ils se retrouvent ainsi à près de six kilomètres seulement de la ligne de front, où…
Vol d’une chaudière. Depuis lundi, le temps est devenu superbe, presque trop chaud pour la saison. Le contraste est frappant : dimanche encore, il restait de la neige par endroits. À 4 h 30 du matin, un bataillon saxon du Infanterie-Regiment Nr. 182 quitte la rue dans un grand mouvement de départ. Avant de partir, les cuisiniers du régiment emportent une chaudière appartenant à Henry Dumortier, brasseur, que les Bavarois avaient installée dans la cuisine allemande. Pour le bois et divers petits objets restés sur place, les soldats préviennent les ouvriers civils qu’ils peuvent tout enlever après leur départ. À…
Le canon reprend par moments. Le beau temps règne sur Comines. Depuis hier, le canon s’est remis à tonner par moments, surtout pendant la nuit. Les contrôles se renforcent également : on ne laisse plus passer personne par le grand pont. À l’aller, il faut désormais emprunter le pont Napoléon et revenir par le grand pont. Plusieurs personnes sont arrêtées et empêchées de passer faute de carte d’identité. Henry Dumortier est condamné à une amende de vingt marks pour « fausses déclarations ». Il se rend à la Kommandantur pour demander des explications. Le procès-verbal — traduit pour lui —…
Encore un nouveau commandant. À Comines, un nouveau commandant de place vient encore d’être désigné : il s’agit de celui qui commandait auparavant à Sainte-Marguerite. Depuis que la promenade est autorisée jusqu’au lieu-dit du Hel, avec retour possible par la campagne Schoutteten, de nombreux habitants en profitent. Les promeneurs sont nombreux sur ce chemin, même si le temps reste un peu sombre ce jour-là. De là, on distingue pourtant au loin les colonnes de fumée qui s’élèvent aux endroits où tombent les obus, vers Deulémont, rappel constant de la proximité du front. Ruines à Deulémont – Fonds SHCWR Au même…
Plus de clocher. Le temps est superbe et invite à la promenade. Celle-ci se fait dans un calme presque irréel : aucun soldat en vue, pas même de sentinelle, bien qu’il faille rester prudent, car des gendarmes circulent parfois. Depuis les chemins autorisés, le regard porte loin sur les villages meurtris : Kemmel, dont la tour a disparu, Messines, privée de son église mais où subsistent les ruines de l’institut, Warneton avec son église sans clocher, ainsi que le château Ghesquière et deux hautes cheminées encore debout. De Deulémont, on ne distingue plus rien. Plus loin apparaissent les clochers de…
Vers Frelinghien. Vers 5 h 30 du matin, une violente attaque se déclenche en direction de Frelinghien, durant près d’une heure, avant que le calme ne revienne. Le mulet de la brasserie Dumortier a été conduit hier dans une ferme du Godshuis, chez Deneulin. Sa propriétaire, consciente qu’il était à charge depuis longtemps, a demandé à le récupérer pour le prêter à ce fermier. Afin d’éviter toute difficulté avec l’autorité allemande, l’animal reste officiellement au nom de la brasserie. La ferme dépendant de la Kommandantur de Comines, cela permet d’éviter d’éventuelles sanctions. Certains habitants ont en effet déjà été punis…
2 Kg de pommes de terre. Le bourgmestre se rend à Courtrai, de même que Lécluse, chargé de s’approvisionner en charbon. La situation matérielle de la population reste difficile mais encore organisée : chacun reçoit aujourd’hui 2 kg de pommes de terre au prix de 0,15 franc le kilo, et, assez régulièrement, 250 grammes de saindoux. La viande se fait de plus en plus rare ; certaines semaines, elle disparaît presque totalement. Le beurre, dont on ne consomme plus depuis trois mois, atteint des prix exorbitants, entre 13 et 15 francs. Le café se vend 7,50 francs, le fromage 7…
Avec solennité. C’est jour d’appel. Le calme semble s’être installé, du moins en apparence. La nuit, pourtant, demeure habitée par le crépitement des mitrailleuses. Le va-et-vient incessant du service d’ambulance — dont l’organisation paraît désormais bien rodée — témoigne de combats rapprochés, livrés tant au fusil qu’à la baïonnette. Les enterrements, eux, ont perdu toute solennité. Rien de comparable avec les cérémonies autrefois observées pour les Saxons. Désormais, lorsqu’un soldat meurt, son cercueil est déposé dans la chapelle érigée au cimetière français. Tous les deux ou trois jours, la musique vient les chercher pour les conduire à leur dernière demeure.…
Grève durant la matinée. Mauvais temps. Au Comité de l’Étoile, à Comines-France, des tensions apparaissent entre le personnel, dirigé par Chassereau, et la municipalité. Faute d’obtenir satisfaction, les employés cessent le travail durant toute la matinée. Une réunion du conseil municipal, présidée par Paul Lesaffre, est alors organisée en urgence. Les revendications sont finalement entendues, permettant une reprise du travail dès l’après-midi. Dans le même temps, les mesures de contrôle se durcissent. Toute sortie de denrées de Comines-Belgique vers la France est désormais interdite. Les sentinelles procèdent à des inspections minutieuses, à la manière de douaniers, et saisissent sans hésitation…
Calme relatif. Des essais de grenades ont lieu. Le calme reste relatif, car les mouvements de troupes se poursuivent sans relâche, particulièrement du côté de l’artillerie. À Comines-France, le 242e régiment a quitté les lieux. Au loin, dans le ciel, se dessinent des ballons d’observation : deux allemands, trois anglais, témoins silencieux de la surveillance constante qui s’exerce au-dessus du front. En mer, le ferry Sussex, affrété par les chemins de fer français, est pris pour cible par un torpilleur allemand. L’attaque fait une cinquantaine de victimes parmi les 378 passagers. L’émotion est vive, et les États-Unis élèvent une protestation…
On l’appelle le fou « Notre » nouveau commandant de bataillon est rentré des tranchées au cœur de la nuit, entre 22 heures et minuit, accompagné de ses ordonnances. La nuit est ensuite troublée par une série d’incidents étranges à la brasserie Dumortier. Vers 1 h 30, un coup de sifflet retentit dans la cour. Un individu s’approche, agite la poignée de la porte de derrière — laissée ouverte — entre, monte quelques marches, déclame une tirade incompréhensible, puis repart aussitôt. Quelques minutes plus tard, une ordonnance descend, inspecte rapidement, puis remonte sans explication. Vers 2 h 30, on sonne…
Des obus au Mai-Cornet. On se réveille avec de la neige qui couvre entièrement le sol et continue à tomber jusqu’à midi à gros flocons; il fait bien froid. Dans la journée, explications du mouvement de la nuit : des aéros étaient annoncés et on faisait éteindre les lumières.Ducarin a convoqué le conseil municipal, les délégués de la ville et d’autres personnes, en tout quarante-sept, au sujet de l’affaire de l’Etoile; il s’est couvert de ridicule en mettant à la porte Vandevenne, son comptable depuis trente ans, qui est en même temps comptable de l’Etoile et qui voulait prendre la…
Où est l’observateur Réveillés vers 2 heures du matin, les habitants entendent une violente canonnade en direction de Deûlémont. L’attaque, bien que brutale, ne dure qu’une demi-heure. À Comines France, le même phénomène est perçu au même moment, mais les éclairs de la bataille semblent provenir davantage du côté de Ploegsteert et de Messines. Vers 2 h 10, une fusillade particulièrement intense se fait entendre, prolongeant brièvement l’engagement. Dans ce contexte d’occupation, il arrive que certains soldats allemands nouvellement logés en ville laissent traîner des journaux français ou suisses. Ces documents deviennent alors précieux pour les habitants, qui y trouvent…
Alarme vers 7 h Hier soir, entre 21 et 22 heures, un bref roulement de canonnade se fait entendre, ne durant que quelques secondes. Mais à 4 h 20 du matin, une violente explosion — probablement de mines ou de tranchées — réveille brutalement la population. Elle marque le début d’un bombardement d’une intensité exceptionnelle, au point de faire trembler les maisons. Cette fois, l’action se situe entre Kemmel et Zillebeke, notamment dans les secteurs d’Oosttaverne et du Moulin Brûlé. Dès 6 heures, cinq compagnies montent en ligne, le visage fermé, le casque à pointe sur la tête. « Notre…
Tempête. Vers 8 heures du matin, les soldats rentrent en ville. La nuit a été marquée par une violente tempête, et le vent souffle encore avec force dans un froid vif. Par moments, des essais de grenades se font entendre, entrecoupés de tirs d’artillerie ; quelques obus tombent non loin. THE CANADIAN EXPEDITIONARY FORCE ON THE WESTERN FRONT, 1915-1918 (Q 445) A German star shell bursting at night at Ploegsteert, March 1916. Copyright: © IWM. Original Source: http://www.iwm.org.uk/collections/item/object/205077483 Un lieutenant anglais livre le récit de la veille sur le front de Saint-Éloi, dans le secteur de Dickebusch. À droite de…
Des chaises Le canon allemand a tiré abondamment durant la nuit. Les journées restent relativement calmes, mais l’activité ne faiblit pas : dès que le temps le permet, de nombreux aéroplanes sillonnent le ciel. On remarque aussi le retour des automobiles, devenues rares depuis quelque temps, ainsi qu’un service de motos désormais bien organisé. Vers midi, un convoi impressionnant de douze camions avec remorques traverse la ville, vraisemblablement chargés de munitions, en direction de la France. Dans la matinée, un incident révélateur se produit au couvent. Le curé, Jean-Baptiste Delporte, y est abordé par un aumônier allemand, au maintien soigné,…
Pas assez de formulaires. On tire encore durant la nuit, comme en témoigne le va-et-vient du service d’ambulance, signe discret mais constant de combats tout proches. Pendant la messe de 7 heures, des soldats viennent effectivement prendre des chaises à l’église du couvent, confirmant les craintes évoquées la veille. À la douane, les contrôles se durcissent encore, notamment pour le passage des vivres. Mademoiselle Carmen Lepoutre est ainsi arrêtée en possession de graisse provenant de la mairie. Du côté des certificats d’identité, la confusion règne : au coin de Wervicq-Sud, tous les passants sont arrêtés et conduits à la Kommandantur.…
Les vieux toutes les 4 semaines. C’est l’anniversaire de l’explosion de la rue de Wervicq, un souvenir encore vif dans les esprits. Dans toute la ville, la question des logements devient de plus en plus pesante. Les autorités passent de maison en maison, déplacent les habitants, réquisitionnent des lits. Cette menace permanente — cette véritable épée de Damoclès — inquiète chacun : viendra-t-on bientôt dans notre rue ? Les soldats, après une alerte, sont rentrés brièvement avant de repartir vers les tranchées, rappelant la proximité constante du front. À Comines, de nouvelles obligations sont imposées : tous les hommes doivent…
Accident d’auto. La menace se précise pour la famille : le père Dumortier pourrait voir un casino d’officiers installé au rez-de-chaussée de sa maison, ce qui l’obligerait à se replier à l’étage. Une nouvelle illustration de cette occupation qui s’immisce jusque dans l’intimité des foyers. Les soldats, désormais, reviennent des tranchées en camions automobiles, signe d’une organisation logistique toujours plus structurée. Dans le même esprit, on entreprend l’installation d’un tram reliant la route de Wervicq-Sud à la gare belge de Comines, renforçant les liaisons vers le front. Non loin, un accident survient : une lourde automobile voit son essieu se…
Houthem bombardé. La nuit a été marquée par de violents tirs d’artillerie. Des obus sont tombés à Houthem, contraignant les ouvriers civils à fuir précipitamment ; plusieurs chevaux y ont été tués, rappelant une fois encore combien la guerre frappe sans distinction. Houthem Ruines rue de Comines – Fonds SHCWR Dans les journaux allemands circule une information inquiétante : l’Angleterre aurait adressé un ultimatum aux Pays-Bas afin d’obtenir le passage de ses troupes. Qu’elle soit fondée ou non, cette annonce participe à entretenir un climat de tension et d’incertitude. Les drames du quotidien se multiplient. À Comines France, un enfant…
43 obus Comme la veille, le temps est superbe, presque estival — contraste saisissant avec la violence des événements. La nuit est marquée par une grande alarme. Les tirs commencent du côté allemand, rapidement suivis par un feu roulant de l’artillerie alliée. Selon l’historique du R.I.R. n° 210, Comines est bombardée par l’artillerie lourde britannique installée à Armentières, dans ce qui est interprété comme un tir de représailles. Aux abords du château Hassebroucq, les défenses se renforcent : aux premières lignes de fil de fer barbelé s’ajoutent cinq nouvelles lignes, séparées par quelques mètres, tandis que, en arrière, on commence…
Dans un état lamentable. Aujourd’hui, le ciel est sombre et le vent souffle avec insistance, accentuant encore l’impression de désolation qui pèse sur les lieux. À Comines, côté belge, le spectacle est lamentable. Au réveil, chacun s’interroge, inquiet, sur ce que la journée pourra encore réserver. La veille au soir, un aéroplane a longuement survolé la ville, observant les dégâts comme pour en mesurer toute l’ampleur. La journée paraît relativement calme, mais une agitation constante demeure. De nombreux camions automobiles circulent sans relâche, témoignant d’une activité soutenue. Depuis la France, les habitants de Comines franchissent le pont en grand nombre,…
Une sonnette électrique depuis son lit La veille, on avait annoncé l’arrivée, au presbytère, de l’Oberleutnant Batty, dont la chambre avait été détruite chez Monsieur le vicaire Delbove. C’était, disait-on, un Prussien dans toute l’acception du terme. Il arrive aujourd’hui et ne tarde pas à s’imposer en maître dans la maison du brasseur Dumortier. Il fait installer la lumière électrique, exige la fabrication de clefs – l’une pour lui, l’autre pour son ordonnance – et veille à son confort avec une rigueur presque déroutante. Ainsi, en plein mois d’avril, il réclame une bouteille d’eau chaude dans son lit. Voilà donc…
Interdiction de lumière. La journée demeure relativement calme, mais le soir venu, le canon se fait entendre par intermittence. De nombreuses lueurs apparaissent sur l’ensemble du front, et l’on distingue parfois des signaux de feu, jusque dans le ciel au-dessus de la ville. À Comines, côté français, les autorités prolongent d’une heure la présence autorisée des civils à l’extérieur : la retraite est désormais fixée à 20 heures (heure française). De nouvelles consignes sont affichées. Il est strictement interdit de laisser filtrer la moindre lumière par les fenêtres durant la nuit ; chacun doit s’équiper de volets ou de stores…
Beaucoup de blessés. Les blessés passent en grand nombre, à pied ou transportés dans des automobiles ; parmi eux, on voit également passer deux prisonniers canadiens. Les maisons touchées par les obus sont tant bien que mal remises en état. On colmate, on rafistole avec les moyens du bord : papier bitumé, planches, matériaux de fortune. Partout, on tente de réparer sans vraiment reconstruire. Une nouvelle ordonnance est affichée : il est interdit de conserver le moindre objet ayant appartenu à des soldats, sous peine d’une amende de mille marks ou de trois mois d’emprisonnement. À Comines France, à partir…
Bondé de soldats. La nuit dernière peut être comparée aux premiers jours de l’invasion. On frappait aux portes pour loger les soldats, et bien des maisons ont vu leurs pièces envahies. La brasserie Dumortier qui fabrique les limonades héberge déjà les officiers supérieurs — actuellement aux tranchées —, ce qui lui a valu d’être épargnée. Seule une ordonnance s’est présentée vers deux heures du matin, pour repartir presque aussitôt. Au matin, les rues sont bondées de soldats ; jamais on n’en avait vu autant. Il s’agit notamment des 106e et 182e régiments saxons, revenus en partie. Toute la journée se…
Communion solennelle Le temps est magnifique, presque en contradiction avec les événements qui continuent de se dérouler. Durant la nuit, le canon a tiré sans relâche. On célèbre la communion solennelle pour les années 1915 et 1916. La cérémonie se tient le matin dans les écoles, désormais transformées en Soldatenheim, c’est-à-dire en cabarets pour soldats. Ces locaux devant être libérés pour dix heures, et la chapelle étant trop exiguë, les offices de l’après-midi doivent être célébrés en deux temps. Faute d’espace, on enlève même les chaises. Deux cérémonies distinctes sont ainsi organisées : l’une pour les garçons, l’autre pour les…
On les aura !. La veille au soir, le canon a grondé durant quelques minutes, à intervalles réguliers. En dehors de ces salves, le bombardement s’est poursuivi toute la nuit dans les tranchées, comme un roulement continu qui ne laisse aucun répit. On entreprend la construction de baraquements juste en face de la brasserie Dumortier. Ce sont des civils, principalement des charpentiers, qui sont chargés de les ériger, preuve que même les activités les plus ordinaires sont désormais mobilisées par la guerre. Dans la nuit, jusqu’à une heure du matin, une agitation inhabituelle règne à la brasserie : on y…
Grande offensive. Une grande offensive s’est déroulée toute la nuit, et le canon continue de gronder tout au long de la journée, comme un écho ininterrompu de la violence du front. Certains baraquements sont désormais presque achevés. Au Godshuis, aux Cinq-Chemins, au Mai-Cornet, on en construit en grand nombre. Il se murmure que les soldats ne seront bientôt plus logés chez l’habitant, à l’exception des officiers d’un grade supérieur à celui de lieutenant. « Notre » commandant qui loge chez Dumortier, quant à lui, se trouve aux tranchées depuis le 1er avril ; ses ordonnances sont revenues deux jours avant…
Gros coups distancés. Le canon gronde très fréquemment durant la nuit, tantôt en roulement continu, tantôt en détonations plus espacées, lourdes et profondes. La pluie tombe sans discontinuer tout au long de la journée, ajoutant à la morosité ambiante et rendant les conditions encore plus pénibles. Le journal hollandais De Amstelbode signale de violents duels d’artillerie en face de Wijtschate. À l’est de Ypres, les Britanniques auraient abattu un avion ennemi. Du côté allemand, en revanche, un communiqué affirme la destruction de deux appareils anglais aux abords de Saint-Éloi, illustrant une fois encore la divergence des récits en temps de…
Du côté de Saint-Eloi. Dans la journée, on procède à des essais de grenades. Hier soir, une explosion a retentit du côté de Houthem, suscitant une vive inquiétude parmi la population. De nouvelles restrictions apparaissent. Les bouchers ne sont plus autorisés à abattre les bêtes. Les fermiers, quant à eux, sont avertis que toute vache ne produisant plus de lait sera échangée par les autorités allemandes contre une autre encore productive, signe d’un contrôle toujours plus étroit des ressources. Dans les villes de Lille, Roubaix et Tourcoing, de nombreux hommes et femmes âgés de 17 à 35 ans sont arrêtés…
